Posté par Véro le 05 - 11 - 2015

Blood Family

Jusqu’à l’âge de sept ans, Edward a vécu enfermé avec sa mère dans un appartement ignoble, tous deux terrorisés par Harris, homme alcoolique et ultra violent qui leur laissait tout juste de quoi manger.

Si la mère était quotidiennement rouée de coups au point d’en perdre la raison, le petit garçon lui ne porte pas de traces physiques, hormis les hématomes qu’il s’est fait tout seul en serrant si fort ses bras autour de ses jambes. C’est ainsi que les services sociaux le récupèrent après les signalements répétés d’une vieille voisine.

Emmené dans un premier temps par Rob, travailleur social, le petit Edward découvre tout ce qu’il ignorait de l’extérieur, le soleil, l’herbe, les voitures…. Commence alors pour lui un long parcours, de psychiatres en hôpitaux, de médecins en familles d’accueil jusqu’à son adoption définitive par une famille aimante auprès de laquelle il va grandir.

A chaque étape, des personnes l’accompagnent professionnelles ou non, toujours compétentes et pleines d’empathie mais souvent freinées par des procédures absurdes. Tous seront surpris par la force de caractère de ce petit garçon qui a connu le pire et qui se bat sans relâche pour remonter la pente, combler son retard et renouer avec la vie.

Il semble s’épanouir dans sa nouvelle famille très aimante, soutenue par sa sœur Alice, adoptée elle aussi.

Les années passent, Edward grandit plutôt bien jusqu’à ce que tout bascule, jusqu’à ce qu’il retrouve dans son propre visage les traits de son bourreau. Le semblant d’équilibre patiemment construit se délite en un rien de temps. La drogue d’abord, puis l’alcool qu’Edward finit par consommer à haute dose. Le jeune homme s’enfonce, finit par abandonner le lycée et quitter sa famille pour une longue dérive…

Ce bouquin se lit le souffle court et l’on passe absolument par toutes les émotions avec toujours un très fort sentiment de compassion et d’empathie à l’égard de ce jeune garçon à l’enfance saccagée.

La force du roman réside dans le parti pris d’Anne Fine de faire parler à la première personne tous ceux qui ont, de près ou de loin, croisé la route d’Edward, entrecoupant ces divers récits par les propos du jeune homme lui-même que l’on voit au fil des années s’enfoncer dans le malaise et la culpabilité. Les liens du sang risquent-ils de le condamner à la même violence et aux mêmes dérives que ses parents ?

Il  est question ici de traumatisme et de résilience, de pulsion mortifère et d’espoir insensé, d’une famille atomisée et d’une famille recomposée. Alors oui le sujet est difficile, cru et violent comme la vie peut l’être parfois mais c’est aussi un récit plein de lumière sur la solidarité, la reconstruction et le libre-arbitre.

Un très beau roman de cette grande auteure anglaise, Anne Fine, qui nous surprend toujours en explorant depuis tant d’années des genres si différents.

bloodJ’ai adoré. Ça se voit ou pas ? Avec tout ça je me rends compte que je n’ai pas parlé de Mr.Perkins… c’est pourtant bien lui je crois qui a sauvé Edward, mais ça vous le découvrirez en vous plongeant dans ce roman que je conseille mille fois à tous les grands ados et à leurs parents évidemment.

« Blood Family ». Par Anne Fine. Traduction de Dominique Kugler. Ecole des Loisirs. 17.50 €

 

 


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