Posté par Véro le 02 - 10 - 2015

Voyage en Caloptérie

photoIl y a plus intéressant encore, c’est ce documentaire passionnant dégotté chez l’Ane Bâté.

Ça s’appelle Voyage en Caloptérie, et inutile de chercher sur une carte, la Caloptérie n’existe pas.

C’est seulement  le nom qu’a inventé Olivier Laporte, auteur et photographe de ce documentaire, pour qualifier l’endroit où vivent les Caloptéryx, autrement dit, les libellules.

Pour que les libellules soient heureuses, il leur faut un milieu naturel particulier avec de l’eau, mais pas trop de courant, des arbres à proximité et plein de choses aussi à la surface de l’eau comme des algues, des herbes ou des nénuphars pour y déposer les œufs.

Avant d’être belles, les libellules ne sont pas jojo puisque ce sont des larves qui vivent sous l’eau. Quand elles en sortent, elle sont enfin prêtes à se transformer et on appelle ça d’un mot très élégant, l’émergence.

« Une émergence, à regarder de près comme ça, c’est pas très glamour, comme ils disent dans Glamour.  Pourtant c’est très émouvant, pensez un peu: il faut sortir de l’eau, sortir de soi, et qu’il vous pousse des ailes…ce qui n’est pas à la portée du premier venu ».

Inutile ici de chercher un glossaire pour les mots savants ou un index pour se repérer dans l’ouvrage, il faut juste se laisser porter au fil de l’eau et savourer ce documentaire comme un joli récit photographique où  le temps semble un peu suspendu.

Il n’empêche qu’on y apprend une foule de choses, notamment que les libellules ont des sortes de petites poches d’air sous leur carapace, qui se chauffent au soleil et les soulèvent comme des montgolfières, ce qui explique que ces demoiselles légères et libellulegraciles ne s’observent qu’à la belle saison.

Avec ses photos magnifiques, ses jeux de lumière, de transparence, Olivier Laporte nous prend par la main et nous fait entrer à pas de velours dans le petit monde de la Caloptérie : « Une fois là-bas on ne bougera plus beaucoup. Le mieux, c’est carrément de s’asseoir, avec le vent et le silence. De toute façon, on ne peut pas bouger en Caloptérie. On a toujours une branche dans l’œil, une ortie sous la chemise, un pied dans l’eau ou l’autre dans la boue. On ne peut pas se retourner, on est trop grand, inadapté. Alors il faut s’installer comme on peut et profiter de la lumière. »

Vous goûtez le ton du texte ? Un mélange de gouaille, de poésie et d’humour où l’auteur sans cesse fait un parallèle malicieux entre le monde des libellules et celui des hommes, la petite vie des belles demoiselles et ses propres péripéties de photographe.

C’est savoureux, jubilatoire et on a qu’une envie, celle de lire et relire de bout en bout ce récit photographique inclassable et plein de charme, sans s’étonner d’y trouver à la fin une dédicace à Romain Gary… La vie devant soi c’est celle qui coule au fil de l’eau, même pour des libellules qui ne vivent que quelques jours.

voyageUn album à ne pas rater !

« Voyage en Caloptérie ». Texte et photographies d’Oliver Laporte. Editions de l’âne bâté. 15

Catégories: Documentaires

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