Posté par Véro le 20 - 06 - 2018

Et on mangera des réglisses

reglisse1Il y a Joris, c’est un lapin. Et il y a Oscar, c’est un chat.

Mais on s’en fout. C’est deux copains, c’est ça le plus important; il se sont donné rendez-vous au parc pour un petit pique-nique au soleil.

Joris a apporté des bonbons, et Oscar a pensé à prendre du café et même du sucre.

Quand on pioche un bonbon bleu dans le paquet ça fait penser au ciel.

Et quand on pense au ciel parfois ça fait penser à ce qui peut se passer là-haut, quand on est mort.

On peut y penser sans être triste d’ailleurs, juste en se posant des questions qui resteront sans réponses, ou alors seulement les réponses qu’on préfère.

- » Tu crois que nous aussi, on ira au ciel ?

- Si tu y vas j’y vais aussi, ça c’est sûr !

- Alors, peut-être qu’on se rencontrera « .reglisse2

Penser à tout ça, c’est penser à des choses qui donnent un peu le vertige et qui fichent un peu la trouille tellement elles nous dépassent.

Mais quand on est avec son meilleur copain, on trouve toujours moyen de se rassurer : même si on ne se reconnaît pas là-haut dans le ciel parce qu’on est mort et qu’on a tout oublié, c’est à peu près sûr qu’on redeviendra amis et qu’on mangera encore des réglisses en buvant du café.

Voilà un album qui traite avec douceur et légèreté d’un sujet grave et c’est, me semble-t-il, la marque toute particulière apportée par la littérature d’Europe du Nord, une façon d’aborder les choses sans détour, mais avec beaucoup de simplicité et une poésie certaine.

Je pense à La découverte de Petit Bond de Max Velthuijs, album que j’adore, mais aussi à Nos petits enterrements de Ulf Nilsson ou encore au travail si singulier de Ian Stole.

J’y vois un trait commun, un ton tout à fait particulier, sans doute moins cérébral et plus dans l’immédiateté et la sensation.

Voilà, c’était ma minute psy.

reglisse

On apprécie en outre dans cet album la finesse des illustrations au trait, un peu minimalistes, qui se conjuguent parfaitement à la délicatesse du texte, toujours à hauteur d’enfant.

Une petite parenthèse poétique et pourquoi pas une porte d’entrée vers la philosophie.

Je précise qu’il s’agit ici d’une réedition de 2004, mais que cet album avait alors échappé à ma sagacité. Eh oui ça arrive, même aux meilleurs.

« Et on mangera des réglisses ». Texte et illustrations de Sylvia van Ommen. Traduction d’Anne-Marie de Both-Diez. Editions Didier Jeunesse. 10,90 €

 

 

Catégories: Albums

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