Posté par Véro le 06 - 09 - 2017

La fourmi rouge

Il faut y rajouter un physique que l’on qualifiera pudiquement de « particulier » (avec un cou de taureau, pas de seins et des cheveux filasses), ainsi qu’une petite anomalie sur le visage. Oh… trois fois rien,  juste l’œil gauche à moitié fermé à cause d’une paupière paresseuse. Mais Colombo il était sexy quand même, non ? Ah vous trouvez pas ?

Ben Vania non plus en fait, mais il faut bien faire avec. Comme il faut « faire avec  » ou plutôt sans cette mère qui n’est plus là et ce père très aimant quoiqu’un peu relou, cf son métier (taxidermiste).

Voilà le décor à peu près planté. Je passe rapidement sur le hobby de Vania qui pratique le hélicon depuis son plus jeune âge, et je préfère glisser assez vite sur sa collection de prospectus de marabouts sénégalais.

C’est une fille un peu spéciale quoi, fortement impopulaire au lycée comme vous l’aurez supputé.

Elle a deux amis toutefois, son voisin Pierre-Rachid qu’elle connaît depuis toujours et une dénommée Victoire Morin rencontrée sur les bancs de la sixième. Une paria comme elle, rebaptisée Victoire Morue par le reste du collège puisqu’elle souffre du fish-odor syndrom (en gros elle pue le poisson). – « J’ai appris à respirer par la bouche en sa présence, voilà tout. Victoire méritait cette petit gymnastique ORL: elle est restée la fille qui a posé sa main sur la mienne quand elle m’a vue écrire « décédée » à côté de l’item « profession de la mère » sur la feuille d’information que nous inflige chaque bip de prof à chaque bip de rentrée ».

La vie de Vania n’est pas un long fleuve tranquille mais une tempête permanente avec vacheries, coups du sort et mauvaises surprises dont elle se serait bien passée. La dernière en date, c’est son pote d’enfance, Pierre-Rachid,  qui rentre de ses vacances au bled comme chaque été, mais complètement transformé. En mode beau gosse, sourire ravageur, carrure d’athlète et pectoraux saillants.

Et il est tombé amoureux de Charlotte Kramer. CHARLOTTE KRAMER , la pire nana que la terre ait jamais portée. La pire ennemie de Vania surtout, celle qui l’humilie en permanence et rend sa vie impossible depuis sa plus tendre enfance.

Oui c’est dur, mais Vania ne se laisse pas abattre aussi facilement, soutenue -parfois maladroitement- par son papa, sa meilleure amie, sans compter son solide sens de l’auto-dérision qui lui permet de rire de tout, surtout du pire.

L’étrange mail qu’elle reçoit, qui l’exhorte à dépasser sa misérable condition de fourmi noire, pour sortir du lot et devenir une fière fourmi rouge, va l’aider mine de rien à surmonter ses difficultés. Mais qui en est l’auteur ? Mystère… (et jusqu’au bout, je vous le garantis).

Souvent agaçante et terriblement attachante, Vania séduit par son sens de l’humour et toutes les casseroles qu’elle trimballe, toutes les blessures qu’elle cache sous sa rugueuse carapace. - » J’ai beaucoup trop de secrets pour une fille de quinze ans, en fait. Ils sont devenus si lourds, si gros et gênants qu’ils ne passent plus la porte de ma bouche. Je suis condamnée à les garder là, dans ma gorge, et à vivre avec. »

Un roman très drôle mais pas seulement, sur une adolescente complètement ordinaire et parfaitement unique. On est emporté par le rythme du récit, l’écriture familière et très directe où les réparties fusent du tac au tac. Les situations les plus saugrenues et improbables s’enchainent pour notre plus grand plaisir et même quand c’est trop on s’en fout parce que c’est trop bien quand même.

Et puis il y a tous ces personnages secondaires, la meilleure amie, le père, le vieux voisin, le prof, qui gravitent dans la sphère de Vania et sont croqués avec tellement de justesse et de drôlerie par Emilie Chazerand. Chacun à lui tout seul mériterait un roman !

Pour vous donner une idée plus précise, imaginez ce bouquin pile-poil entre « Les Petites reines » de Clémentine Beauvais et « Je suis ton soleil » de Marie Pavlenko, ça y est vous êtes et croyez-moi vous y serez drôlement bien !

fourmiAlors on fonce sans hésiter dès 13 ans !

« La fourmi rouge ». Emilie Chazerand. Editions Sarbacane. 15,50 €

 

 

 

 

 

 

4 Réponses.

  1. Padigaroza dit :

    Ohlalaaa…j’suis contrariée !! En lisant sur votre blog la critique du roman La fourmi rouge, j’ai découvert que l’héroïne s’appelait Vania :COMME MOI, C’EST DINGUE !!! Mais, dans la foulée, j’ai également appris que je portais un « un prénom de protège-slip ». Subtile…
    Tchekhov et Tolstoï doivent se retourner dans leur tombe et moi j’déprime… C’est vrai quoi. Dire qu’avec un peu plus de chance j’aurais pu m’appeler VéroNique… ;)

    Vania

  2. Véro dit :

    ;-) C’est clair …
    Mais pour rendre à César ce qui lui appartient, le copyright du « protège-slip » revient entièrement à Emilie Chazerand qui a très mauvais esprit.
    Moi je ne me serais jamais permis bien sûr (quoi que…).

  3. GUEDJ Eliane dit :

    la librairie qui devrait être préconisée par le milieu médical, oui bon tellement on est mort de rire à lire le blog de Véro. C’est drôle, vivant, oui même mort de rire et… enfin quoi cette librairie est une merveille !

  4. Véro dit :

    Eliiiiiiiiiaaaaaaaaaaaane ! Je vous ai reconnue !
    Merci de venir faire la claque sur le blog, ça fait chaud au cœur !!


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