Posté par Véro le 13 - 06 - 2016

Le garçon au sommet de la montagne

De John Boyne vous connaissez certainement « Le garçon en pyjama rayé »  qui racontait avec beaucoup de pudeur et d’émotion la découverte d’Auschwitz par le regard naïf d’un petit garçon allemand confronté à un petit garçon juif, de l’autre côté des barrières.

Un récit coup de poing, un roman bouleversant à plus d’un titre, couronné par de nombreux prix et adapté au cinéma.

Sur un sujet similaire, John Boyne récidive dix après.

Et c’est là qu’il faut arrêter la lecture de cette chronique si vous ne voulez pas du tout connaître la teneur du roman.

Nous sommes ici à l’aube de la seconde guerre mondiale, et nous rencontrons Pierrot petit garçon franco-allemand qui vit à Paris avec ses parents, son chien d’Artagnan et son grand copain Anshel avec qui il communique par une langue des signes bien à eux.

Mais le père de Pierrot, ex-soldat allemand est littéralement rongé par les souvenirs de la Grande Guerre qui le hantent et le font sombrer dans des accès de désespoir et de violence. Il mourra accidentellement alors que Pierrot n’a que quatre ans et le petit garçon devra quelques années plus tard affronter le décès de sa maman emportée par la maladie. Le voilà orphelin à sept ans à peine et la mère d’Anshel, qui prend soin de lui, doit pourtant se résoudre à l’envoyer dans un orphelinat alors que la guerre enflamme l’Europe. Les deux amis promettent de ne jamais cesser de s’écrire.

Sa tante Beatrix, la sœur de son père, va peu après le retrouver et décider de le prendre en charge. C’est dans une grande bâtisse au cœur des Alpes bavaroises, là où sa tante officie comme gouvernante, que le petit garçon va désormais vivre.

- »Où suis-je ? se demanda-t-il. En se retournant, il remarqua un portrait accroché au mur, celui d’un homme à petite moustache, le visage grave, qui regardait dans le lointain (…). Pierrot se surprit à fixer le portrait un long moment – l’expression de l’homme avait quelque chose d’hypnotique ».

Nous sommes au Berghof, et c’est donc Adolf Hitler, le propriétaire de cette grande maison en haut de la montagne. Il n’y fait que quelques séjours occasionnels en compagnie d’Eva Braun mais il remarque petit à petit le jeune garçon qui semble faire preuve à son égard de beaucoup de zèle.

Si jeune, si naïf, et en mal de reconnaissance, Pierrot, bientôt rebaptisé Pieter, va s’attacher au Fürher, envier son autorité sans faille jusqu’à le prendre pour modèle. Les horreurs perpétrées par le dictateur ne parviennent pas jusqu’à lui et l’on assiste à l’embrigadement d’un petit garçon innocent qui se transforme en quelques années en un jeune nazi droit dans ses bottes, impitoyable et sans état d’âme.

Évidemment le roman est très prenant, même addictif, comme peuvent l’être les récits terrifiants. On reste fasciné et horrifié à la fois par le destin de ce petit garçon que l’on confondrait presque avec le destin de tout un peuple.

Pour autant le procédé me semble ici un peu court, voire artificiel, et si l’endoctrinement du jeune héros arrive à mon sens un peu vite et facilement dans le récit, j’ai vraiment trouvé le dénouement franchement expédié : à la chute du Reich tout se défait autour du jeune Pieter . Et voilà en une trentaine de pages, les années qui défilent vitesse grand V et avec elles la cohorte de remords, de repentirs, d’expiation du jeune-homme. Mouais …. tout ceci m’a paru peu crédible et le ressort dramatique du copain juif retrouvé est finalement très peu mis en valeur et retombe comme un soufflé.

Voilà, c’est mon avis les amis, qui n’engage que moi et et moi-même. Encore une fois j’ai trouvé la lecture du roman plutôt prenante, troublante tout au moins, mais j’ai été finalement plutôt refroidie par ce dénouement un peu décousu et précipité qui enlève à mon sens beaucoup de finesse et d’émotion au propos.

montagneJe vous engage donc à le lire, ce qui est encore le mieux pour se faire un avis, et puis on en reparle en séance de rattrapage si vous le voulez bien.

« Le garçon au sommet de la montagne ». John Boyne. Editions Gallimard. 13,00 €

 

 

 

 


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