Posté par Véro le 17 - 05 - 2015

On est tous faits de molécules

A 13 ans Stewart est un jeune geek érudit, surdoué sur les bords et très épris de raisonnements cartésiens imparables.

Côté social en revanche on peut pas dire que ce soit le top…. Stewart a visiblement de gros problèmes d’adaptation et malgré toute la bonne volonté qu’il y met, les rapports humains ne sont pas son fort. Le décès de sa mère survenu deux ans plus tôt n’a pas arrangé son malaise et à vrai dire Stewart est assez inquiet à l’idée de la nouvelle étape qui s’annonce.

Son père a en effet retrouvé une compagne et décidé de s’installer chez elle. Chez elle et sa fille donc.

Une certaine Ashley, 14 ans, obsédée par sa silhouette, ses fringues et les émissions de télé-réalité qu’elle suit assidument en rêvant au prince charmant. Côté Q.I pour le coup, c’est pas terrible et autant dire qu’Ashley n’a absolument RIEN en commun avec ce désormais demi-frère à demi-autiste qu’elle va devoir supporter à la maison et au lycée.

Un souci de plus pour la donzelle qui doit en outre gérer le coming-out de son père en faisant en sorte que JAMAIS PERSONNE ne soit au courant de cette incroyable nouvelle qui risquerait à coup sûr de ruiner sa popularité.

La cohabitation de ce deux-là ne va pas se faire sans étincelles comme on le découvre au fil du récit où alternent les deux voix. Ce procédé narratif très employé en litté jeunesse pourrait paraître lassant mais il n’en est rien ici.

On devine peu à peu la personnalité complexe des deux adolescents, leurs doutes, leurs fragilités. Se dessine une Ashley bien moins cruche qu’elle ne veut le laisser paraître et un jeune-homme prompt à prendre les bonnes décisions quand la situation l’exige.

Les joies de la famille recomposée à la sauce Nielsen c’est une bonne dose d’humour dévastateur et d’ironie mordante qui viennent désamorcer les petits et grands drames de la vie. Car des sujets graves il n’en manque pas dans ce roman, que ce soit le deuil, le harcèlement scolaire, l’homophobie ou autre dérapage alcoolisé.

Pourtant croyez-moi, on se bidonne d’un bout à l’autre du roman même si, au détour d’une phrase, on peut avoir d’un coup la gorge qui serre et les yeux qui piquent.

Mais ça c’est normal, c’est comme dans la vie et Susin Nielsen a ce talent rare de nous rendre ses héros immédiatement attachants et terriblement vivants. Les aficionados prendront plaisir d’ailleurs à repérer quelques personnages déjà croisés dans les bouquins précédents, comme si une sorte de fil rouge, celui de l’humanité peut-être, courait entre tous les romans de Nielsen.

moleculesUn vrai régal de lecture à ne pas manquer et une mention spéciale à la traductrice qui a réussi à retranscrire tout l’humour du texte et notamment les expressions bancales et les citations ratées de la jeune Ashley, ça doit être une sacrée paire de manches à mon avis et c’est parfaitement réussi !

Dès 13 ans et pour toute la famille sans limites d’âge.

« On est tous faits de molécules ». Texte de Susin Nielsen. Traduit de l’anglais par Valérie le Plauhinec. Edtions Hélium. 14,90€

A lire aussi, précédemment parus chez Hélium : « Moi Ambroise, roi du Scrabble » et aussi « Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ? » et enfin « Le journal malgré lui de Henry K. Larsen », trois incontournables !

 

 

 

 


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