Posté par Véro le 04 - 02 - 2015

La poupée de Ting-Ting

Ting3Le matin arrive et il est bientôt l’heure de partir au champ. Mei, la maman de la petite fille a déjà filé au marché pour vendre ses poupées.

En se préparant en vitesse pour accompagner grand-mère Li, Ting-Ting s’aperçoit que la petite poupée qu’elle cachait dans la poche de son tablier a disparu… C’était sa poupée adorée, sa poupée fétiche. Celle que son père lui avait offerte parce qu’il disait qu’elle lui ressemblait.

Prise par le jeu, la petite fille a dû la laisser par mégarde hier sur l’établi de l’atelier. A coup sûr sa mère l’aura emportée dans sa corbeille pour aller la vendre au marché…ting4

Lorsqu’elle revient auprès de sa grand-mère, Ting-Ting ne peut cacher son chagrin. Sans la questionner, Grand-mère Li conduit alors sa petite fille au pied d’un grand pin et lui confie un de ses secrets d’enfant : « Quand j’avais le cœur gros, je me hissais sur la pointe des pieds et je racontais tout dans le creux du tronc, juste là. Je lui confiais mes espoirs, mes peurs…Ensuite je refermais le trou avec de la boue. »

Ting-Ting ne savait pas que sa grand-mère parlait ainsi au creux des arbres lorsqu’elle était petite.

Se pourrait-il que les secrets confiés, que de simples mots prononcés, adoucissent  un peu son chagrin ?

« Elle dit tout. la rizière, l’orage, l’éclair déchirant le ciel, et surtout, surtout, sa honte et son désespoir de n’avoir pas su garder le dernier cadeau de son père et cet horrible sentiment de l’avoir trahi. Quand elle eut terminé, elle ramassa une belle plaque de mousse et reboucha le trou. Voià, elle avait tout dit. »

La suite c’est peut-être ce bel héron à la plume noire qui en porte le secret et plane tout au long de l’album au-dessus des personnages.

Ting2Il est ici question de deuil, de souvenir mais aussi et surtout me semble-t-il de transmission entre trois générations de femmes, la grand-mère, la mère et la petite fille.

Le récit se déploie avec lenteur, nous faisant percevoir la crainte pour cette enfant d’être à nouveau confrontée à une perte.

Les mots semblent un à un choisis, imprimant à ce texte en prose une vraie musicalité poétique.

Une jolie touche de magie illumine un texte très ancré dans la réalité du travail: la confection des poupées, le repiquage du riz les pieds dans l’eau.

Que dire des illustrations de Régis Lejonc ? Et bien je sais parfaitement quoi dire, puisqu’elles sont magnifiques, comme d’habitude. Des tons très ting1doux déclinés dans des nuances de grèges, de bruns et de beiges. Les paysages évoquent les estampes japonaises et toujours ce fini un peu « flouté », légèrement  tremblant qui dépose sur les mots comme un imperceptible voile de mélancolie. C’est ici parfaitement à propos.

Un superbe album, à proposer dès 6 ans.

« La poupée de Ting-Ting ». Texte de Ghislaine Roman. Illustrations de Régis Lejonc. Seuil Jeunesse. 15,00€

 

 

Catégories: Albums

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